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LYCEE VICTOR DURUY

VOYAGE DE MEMOIRE A PRAGUE, CRACOVIE, AUSCHWITZ et NUREMBERG

Classes de 1eres ES/L/SSI

DU 6 AU 13 AVRIL 2019

 

Travail de réflexion de Kenza LEMKADMI

Nous entendons parler de la seconde guerre mondiale et de la culture juive depuis notre plus jeune âge. Les mots changent, les informations se multiplient mais le fond reste finalement le même. Historiquement, les Juifs vont d’abord s’épanouir dans la méditerranée médiévale, ils sont par la suite touchés par l’affaire Dreyfus. Ensuite, la Shoah puis la création de l’état d’Israël les placent au centre d’une actualité lourde et agitée. Mais mis à part ces quelques leçons, nous ne savions finalement rien de ce peuple et du drame qui s’est déroulé il y a maintenant quatre-vingts ans. C’est là qu’apparaît la nécessité de ce voyage car, comme il figure si bien sur un écriteau à d’Auschwitz, " ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter".

          La première question qui m’a traversé l’esprit fut certainement «Pourquoi les juifs?» Pourquoi eux parmi tous les autres peuples ? Pourquoi tuer des gens qui ont pour seul tort de ne pas partager les mêmes croyances ? Finalement, ces questions n’admettent aucune réponse car un tel crime reste inexplicable, inenvisageable et intolérable. Cependant, il est nécessaire de s’intéresser à la culture et à la vie d’une population qu’on a cherchée à faire tomber dans l’oubli. L’histoire des juifs en Europe remonte à plus de deux mille ans et elle est depuis toujours, tourmentée. Cependant, il est trop simple de réduire leur identité à la seule qualification de victimes car les juifs sont avant tout des sujets et des acteurs de l’histoire. Loin de se résumer à une suite de persécutions, l'existence des communautés juives a aussi été jalonnée de périodes de tranquillité et de partages culturels. Dans les villes d’Occident par exemple, la présence juive est attestée depuis l’époque romaine bien qu’elle soit fugace et changeante. Leur histoire au cours du millénaire médiéval chrétien varie, d’un territoire à l’autre, en fonction de la présence économique et sociale de leurs communautés, de la discrimination dont ils font l’objet et de leur apport culturel. A partir du XVIème siècle, c’est la Pologne qui s’impose comme le premier pays juif du monde tandis qu’à Prague comme à Cracovie, figurent encore les traces de leur présence. Au-delà des nombreux cimetières, les synagogues et les anciens quartiers juifs sont la preuve qu'ils faisaient un jour partie intégrante de la vie citadine. Ainsi à la veille de la guerre, Cracovie ne comptait pas moins de 65OOO juifs, soit un quart de la population. La Pologne comptait quant-à elle trois millions de juifs. En 1945, quatre-vingt dix pourcent d'entre eux auront été hélas exterminés, dans un fanatisme et une intensité de haine jamais connus.

          Une extermination de masse qui naquit de la tête d'un seul homme, Hitler, mais qui fut perpétrée par bien d'autres. Il est difficile de comprendre les origines du nazisme. Les vestiges encore présents à Nuremberg sont aussi grands que l'est l'absurdité de cette idéologie. Le nazisme était avant tout un mouvement jeune, de cette jeunesse qui n’avait pas connu la Grande Guerre mais qui vivait pourtant dans le mythe du front entretenu par leurs aînés. Victime de conditions de paix trop dures et de l’inflation, la société allemande céda alors à ses démons: nationalisme et antisémitisme. Hitler ne fit qu'exacerber ces sentiments à coup de propagande orchestrée par le Dr Goebbels et de discours éloquents. C'est ainsi que les lois antisémites se succédèrent les unes après les autres, comme ce fut le cas pour les lois de Nuremberg et comme ce fut prolongé en France avec le statut des juifs d’octobre 1940. Les juifs virent leurs conditions de vie se dégrader radicalement et inexorablement … Interdictions, discriminations, ghettos… Jusqu'à qu'on leur interdise même de vivre avec la mise en place de Solution Finale. Celle-ci fut savamment planifiée avec la Conférence de Wannsee le 20 janvier 1942, dans la maison d’Heydrich … La Shoah désigne ainsi l'organisation par le régime nazi et ses collaborateurs de l'extermination systématique et bureaucratique d'environ six millions de Juifs. Des juifs auxquels s'ajoutent des tsiganes, des handicapés, des homosexuels et certains peuples slaves jugés comme appartenant à une race inférieure. La plupart d'entre eux furent déportés à Auschwitz, qui est le camp le plus important de toute la seconde guerre mondiale. Le camp de concentration, qui est encore intact, est l'un des témoignages le plus puissant des atrocités s’y sont déroulées. L'émotion est aussi grande que les chaussures d'enfants ou les valises sont nombreuses ... Des personnes ont franchi le même portail que nous en ce jour de visite mais n'ont jamais eu la chance de faire le chemin inverse. De telles choses sont difficiles à imaginer et représentent pourtant une triste réalité. Dans le camp d'extermination Auschwitz-Birkenau, les nazis ont essayé d'effacer toutes traces de leurs crimes. Mais rien n'y fait, les rails et l'unique wagon à bestiaux suffisent à rendre le lieu funeste. Leurs crimes sont bien trop importants pour qu'on les oublie si facilement.

          Il y a maintenant soixante-quatorze ans, l'armée Rouge entrait dans le camp d'Auschwitz en libérant les quelques centaines de prisonniers qui y restaient, traumatisés à jamais. Face à l’avancée soviétique, les nazis avaient déjà évacué le camp en soumettant les détenus à des marches forcées, les marches de la mort, vers l’Ouest. Elles furent la dernière étape de leur politique d’extermination. La véritable découverte, par l’opinion internationale, du système concentrationnaire nazi aura lieu quelques mois plus tard, à la fin de la guerre. L’émotion, la pitié et l’indignation furent grandes, mais malheureusement éphémères. En effet, Auschwitz était loin de dominer les débats intellectuels et politiques car ce n'était qu'une des innombrables horreurs survenues lors de cette guerre, la plus meurtrière de toute l'histoire. Le besoin de retrouver une vie normale, de reconstruire des pays complètement ruinés ou de goûter le bonheur de la paix, étaient trop forts pour s’arrêter sur les camps d’extermination et réfléchir sur leur place dans l’histoire. Mais il n'est jamais trop tard pour cela et si cette réflexion s’est développée à partir du film Holocauste dans les années 70 ou la Liste de Schindler dans les années 90, ce voyage nous a confrontés à cette horrible réalité, avec les visites des synagogues à Prague, les quartiers juifs et les camps en Pologne, le zeppelinfield et le centre sur le nazisme à Nuremberg.

Le génocide perpétré par l’Allemagne nazie et ses collaborateurs a ainsi bouleversé de façon irréversible les formes du judaïsme mondial, de même qu'il a laissé une marque indélébile sur la conscience des nations. Outre qu’il n’y a jamais eu de compensation démographique, le génocide a entraîné la marginalisation, dans le judaïsme mondial, du continent européen. Encore maintenant, des élèves de confession juive sont agressés, des cimetières profanés et des personnes rejetées. Nous vivons dans une société ou les déchainements de haine sont toujours possibles et il est donc plus que jamais indispensable d'enseigner aux générations futures l'histoire de la seconde guerre mondiale.

          C'est à nous de saisir les clés que l'on nous tend, celles qui nous permettront de comprendre le danger de cette montée sans précédent de l'antisémitisme ou de tout autre mouvement radical depuis la Libération. Nous ne devons pas oublier que le totalitarisme est né au sein de la civilisation européenne elle-même. Nous vivons toujours dans un monde au sein duquel tout reste possible, même si les formes et les victimes peuvent changer.

Le pire n’est jamais très loin et c’est bel et bien à nous de nous y opposer, chaque jour.